La chronique boursière

10/01/2022

Retour du stress sur les marchés financiers…

L’optimisme des investisseurs, encouragés par la moindre dangerosité du variant omicron, a brusquement laissé place au scepticisme dans le prolongement du compte-rendu des minutes de la Réserve fédérale américaine. En effet, l’institution pourrait remonter ses taux directeurs et réduire la taille de son bilan plus tôt que prévu en raison des tensions sur les prix et le marché du travail. A cela s’ajoutent les difficultés du promoteur immobilier chinois Evergrande ainsi que les chiffres décevants de créations de postes au mois de décembre aux Etats-Unis, tout juste compensées par le léger recul du taux de chômage. Sans surprise, le retour du stress s’est manifesté principalement sur les taux longs à 10 ans américains dont le rendement a dépassé les 1,70% entrainant dans leur sillage la hausse du Bund et de l’OAT autour de 0% et 0,30% respectivement. Les valeurs bancaires et les cycliques, notamment dans le secteur industriel et de l’énergie, ont été recherchées alors que les prises de bénéfices se sont multipliées sur les valeurs de croissance comme les technologiques ou le luxe. Ce qui explique la disparité des performances des grands indices mondiaux en ce début d’année, le Nasdaq affichant un repli hebdomadaire de 4,5% alors que le CAC 40 glane encore 0,93%. Même si la situation sanitaire demeure préoccupante, le focus en ce début d’année est mis sur l’inflation et la réponse apportée par les Banques centrales. Force est de constater que les marchés sont devenus plus volatils et potentiellement plus risqués même si les mouvements brutaux constatés sont issus de modèles algorithmiques. Selon nous, l’environnement demeure porteur et si l’inflation se stabilise sous les 3% en lien avec une normalisation du rythme de croissance et des prix outre-Atlantique, ce qui est attendu par le consensus, les marchés actions devraient encore progresser en 2022. En ce sens, le premier trimestre pourrait donc constituer une fenêtre d’opportunités pour renforcer les portefeuilles sous-investis. Premiers éléments de réponse avec le début de la saison de publications de résultats des entreprises. Nous surveillerons également cette semaine aux Etats-Unis les chiffres sur l’inflation du mois de décembre et ceux de la production industrielle en zone euro…

Michel Douin
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