La chronique boursière

19/09/2022

Renforcement des craintes de récession…

La hausse plus forte que prévu, de 8,3 % sur un an, de l’indice des prix à la consommation en août aux Etats-Unis a plombé les indices actions. Hors énergie et alimentation, l’inflation a même accéléré de 0,6 % sur un mois et atteint 6,3 % en rythme annuel, ce qui suggère que de nombreuses entreprises souhaitent préserver leurs marges. Or tant que la désinflation est insuffisante, les Banques centrales resteront fermes et une nouvelle hausse de 75 points de base des taux directeurs de la Réserve fédérale cette semaine lors de sa réunion de politique monétaire apparait plus que consensuelle. De quoi renforcer les anticipations de récession illustrées par l’avertissement émis vendredi dernier par Fedex et le retrait de ses objectifs qui représente une forme d’indicateur avancé de l’économie mondiale. L’inversion de la courbe des taux américains est également un signe annonciateur, avec des rendements du Trésor à deux ans supérieurs aux rendements à dix ans, et un écart qui n’a jamais été aussi fort depuis quarante ans. Par ailleurs, l’agence Fitch s’attend à ce que la stagflation s’impose avec une entrée en récession dès la fin de l’année en Europe, liée en partie à la persistance de la crise énergétique, et courant 2023 aux Etats-Unis. A noter que l’Union européenne souhaite taxer les superprofits des entreprises du secteur énergétique et récupérer jusqu’à 140 milliards d’euros pour financer les plans d’aides des gouvernements. De son côté, la Banque mondiale prévoit une récession mondiale dès 2023. Dans ce contexte, le Cac 40 affiche un repli hebdomadaire de 2,17 %, le Stoxx 600 de 2,35%, le Dow Jones de 4,14% et le Nasdaq de 5,5%, ce dernier étant davantage pénalisé par les tensions obligataires sur la valorisation des sociétés qui composent l’indice. En effet, le 10 ans américain clôture à 3,47%, un plus haut depuis octobre 2007, le bund allemand à 1,764% et le 10 ans français à 2,29%. Sans surprise, les prix du pétrole refluent avec un brent qui cote 92 dollars le baril en raison des craintes de récession grandissantes. A ce titre, la publication des résultats du troisième trimestre, qui démarre le mois prochain, devrait permettre d’y voir plus clair.

Cette semaine, nous suivrons avec attention les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d’Angleterre et en zone euro seront publiés les PMI flash de septembre et la confiance des consommateurs…

Michel Douin
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