La chronique boursière

20/06/2022

Formation d’un bear market…

Les indices actions ont accentué leurs pertes depuis le début de l’année au cours d’une semaine marquée par la hausse des taux directeurs de 75 points base aux Etats-Unis. En effet, la Réserve fédérale a déployé les grands moyens pour lutter contre l’inflation et une hausse de même ampleur est prévue au mois de juillet faisant craindre un atterrissage plus brutal de l’économie américaine. Cette décision, quoiqu’attendue, a créé beaucoup de volatilité sur les marchés obligataires et notamment en Europe. La BCE a d’ailleurs organisé une réunion d’urgence en milieu de semaine afin de concevoir un nouvel instrument anti-fragmentation qui sera soumis à l’examen du Conseil des gouverneurs, permettant de réduire l’écart de rendement entre les emprunts d’Etat allemand et italien. Par ailleurs, sur le plan géopolitique, les tensions s’accentuent entre les européens et la Russie alors que Gazprom commence à réduire ses exportations dans le gazoduc Nord Stream 1. Dans ce contexte de forte montée de l’aversion au risque, les bourses européennes abandonnent en moyenne 5% et s’inscrivent en zone de bear market, soit une correction de plus de 20% par rapport aux points hauts du mois de janvier 2022. Les secteurs les plus pénalisés et qui avaient bien résisté jusqu’à lors sont l’énergie, impacté par le risque de récession mais également par la baisse des prix du pétrole, et celui des matériaux de base. Le seul actif dans le vert est l’or qui cote autour des 1 850 dollars l’once.

Cette semaine, l’audition de Jerome Powell devant le Congrès concernant les futures orientations de la Réserve fédérale sera décryptée. En zone euro, nous prendrons connaissance des indices PMI et de l’Ifo allemand du climat des affaires…

Michel Douin
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