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Vincent Guenzi Responsable de la stratégie d’investissement et du comité de gestion
Vincent GUENZI
Mars 2010

   La montée des incertitudes n’a pas été favorable aux marchés financiers pendant le mois de février. Aux craintes sur les dettes grecques ou espagnoles se sont ajoutés, en fin de mois, des doutes sur la croissance économique aux USA et en Europe. Avec des politiques monétaires moins expansionnistes aux Etats-Unis et dans certains pays émergents, avec une rigueur budgétaire imposée dans les pays d’Europe du Sud, la reprise économique risque-t-elle de s’étouffer ?
Il faut se garder de généraliser la situation. Les pays émergents conservent une situation très favorable. Les perspectives de croissance aux USA sont soutenues et seront confortées par l’amélioration du marché de l’emploi ou la reprise de l’investissement, qui tardent encore à se mettre en place. En Europe du Nord, en France, en Allemagne, l’activité s’est redressée et progresse faiblement, avec des hésitations.

Les investisseurs ne craignent pas une rechute d’activité généralisée mais évitent les pays les plus fragiles. Par le passé, après une forte récession (comme en 1973/1974), les reprises ont souvent été hésitantes. Ce phénomène semble se reproduire et il ne faut pas trop s’en inquiéter. Par contre, tous les pays développés devront affronter les mêmes difficultés pour réduire leurs dettes, les uns après les autres, en commençant par la Grèce ou l’Espagne. Les USA, l’Allemagne ou de la France s’y attaqueront plus tard.
Sous l’impulsion notable du Président Obama, les projets de régulation financière sont toujours en discussion mais l’actualité a été moins chargée en février, ce qui a favorisé une accalmie temporaire pour les valeurs financières. Pourtant, les récentes polémiques sur les interventions de Goldman Sachs en Grèce inciteront sans doute le pouvoir politique à réduire davantage la puissance du secteur financier. Les autorités semblent conscientes de la nécessité de procéder à ces réformes sans précipitation tant que les banques restent vulnérables aux dépréciations d’actifs et aux provisions pour risque de crédits.

Après les sociétés américaines, les entreprises européennes ont apporté du réconfort aux investisseurs. Elles ont publié des résultats de bonne facture mais elles restent très prudentes dans leurs prévisions de chiffres d’affaire pour l’année. A l’exception des PME, elles ont pu redresser leur situation financière et réduire leurs dettes. La maîtrise des coûts produira encore ses effets en 2010 et la croissance des bénéfices sera assurée.
Autre aspect positif, la valorisation des actions reste attractive. Le scénario de croissance modérée n’est pas totalement intégré dans les cours ce qui devrait atténuer l’ampleur des replis. A contrario, la persistance des incertitudes au cours des prochains mois limitera également les perspectives de rebond à court terme.

La tendance des marchés actions devrait donc être erratique. Ceci nous a conduit à réduire nos objectifs de fin de semestre. Mais nous conservons ceux de fin d’année. En effet, ils nous semblent atteignables si les perspectives de croissance mondiale sont maintenues.
Face à cette situation, nous préconisons de continuer à recentrer les investissements en actions dans les sociétés, les secteurs ou les pays à meilleure visibilité, en maintenant une exposition équilibrée. Les actions américaines et d’Europe du Nord devraient continuer à bénéficier de ces rotations. A plus long terme, les pays d’Asie nous semblent toujours attractifs. Pour les produits défensifs, les obligations d’entreprise restent toujours privilégiées par rapport aux emprunts d’Etat. Pour remplacer partiellement les Sicav monétaires, nous avons recours aux produits de gestion alternative.


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