Certes, des avancées politiques ont été réalisées en Europe. Le sommet européen du 8 décembre a renforcé la gouvernance européenne (amélioration et pérennisation des mécanismes de sauvetage financier, institutionnalisation de la réduction des déficits budgétaires dans chaque pays, contrôles et sanctions en cas d’excès). La Banque Centrale européenne a baissé ses taux d’intérêt et a alloué des refinancements à 3 ans, ce qui met les banques européennes à l’abri d’une crise de trésorerie.
Sur le plan économique, l’activité aux Etats-Unis s’est redressée alors qu’en Europe et dans les pays émergents, la dégradation s’est poursuivie avec toutefois un rythme de contraction plus modéré.
Mais l’effet de ces bonnes nouvelles pourrait s’estomper devant de nouvelles incertitudes.
Le risque politique et financier reste entier en Europe. Les décisions du sommet européen doivent encore être finalisées concrètement, ce qui prendra plusieurs mois.
En Grèce, confrontée à de graves difficultés, la négociation sur la réduction des dettes avec les créanciers privés piétine.
Les Agences de notation financière pourraient prochainement dégrader les notes de nombreux pays dont la France après les avoir mis sous surveillance négative en décembre.
Les besoins de refinancement de l’Italie, de l’Espagne et de la France au premier trimestre sont très importants. Or, à part en France, les taux actuels sont trop élevés. Le résultat de chaque adjudication sera attendu avec inquiétude.
En France, les plans d’ajustement sont bien inférieurs aux mesures prises en Italie ou en Espagne. Or les créanciers pourraient devenir exigeants avant les prochaines élections, poussant le Gouvernement à adopter des mesures sévères. Ces tensions auraient également le mérite de forcer les partis d’opposition à assumer leurs responsabilités, en acceptant la rigueur, avant les échéances électorales.
La situation économique générale reste instable. La restauration des équilibres budgétaires menace la croissance européenne et pourrait accentuer la crise financière et l’assèchement du crédit. |
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Les recapitalisations des banques les plus fragiles restent douloureuses.
Le ralentissement de l’activité des pays émergents reste d’actualité, notamment en Chine où les exportations faiblissent.
Enfin aux Etats-Unis, au-delà de l’embellie actuelle, les conditions d’une croissance stable ne sont pas totalement restaurées. Les affrontements récurrents entre Républicains et Démocrates pourraient lasser les créanciers tout comme les Agences de notation.
Seules face aux blocages ou aux lenteurs politiques, les Banques Centrales, FED et BCE, font l’objet de pressions pour racheter d’avantages d’emprunts d’Etat, sans vouloir céder pour l’instant.
Nous ne savons pas si tous ces risques vont se manifester mais une telle incertitude nous promet sur les marchés un premier semestre riche en volatilité !
Les prévisions sur l’année sont particulièrement difficiles. Les nôtres sont inférieures au consensus. Nous aurons le temps de les revoir en hausse au moment adéquat, en fonction du déroulement du 1er semestre.
A court terme, les marchés hésitent entre poursuite du rebond technique et rechute.
Pour l’instant, la prudence reste d’actualité. Nous sommes légèrement sous pondérés en actions, à l’affût de nouveaux allégements ou de mesures de protection des portefeuilles. A l’inverse, il faudra oser acheter en cas de coup de tabac. C’est le propre d’une gestion flexible qui parait bien adaptée actuellement.
En dépit du manque de visibilité, une bonne sélection de valeurs permettra de traverser la crise plus sereinement, en s’appuyant sur les qualités des entreprises. Il faut continuer à sous pondérer, comme nous l’avons fait, les secteurs les plus cycliques. Le secteur financier semble toujours peu attractif. Les grandes valeurs de consommation, de la santé ou de l’énergie se sont bien comportées l’année dernière et restent nos favorites.
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