La chronique boursière

08/01/2018

Rally de fin d’année en décalé…

Le rally de fin d’année ne s’est pas concrétisé, du moins sur les marchés européens, pénalisés par la hausse de l’euro. En effet, les perspectives d’inflation plus fortes que prévu en Allemagne ainsi que la résurgence du risque politique en Europe (victoire des indépendantistes en Catalogne, incertitudes sur l’issue des élections législatives italiennes en mars prochain) ont propulsé la devise européenne au-dessus des 1,20 dollars et freiné les velléités acheteuses. Par ailleurs, la bonne dynamique de croissance observée dans la zone euro depuis plusieurs mois et la poursuite de la hausse du pétrole avec un brent qui cote plus de 67 dollars le baril pourraient provoquer une baisse anticipée du quantitive easing de la part de la BCE dont le programme a déjà été divisé par deux en ce début d’année. Les indices américains de leur côté ont profité pleinement de l’adoption de la réforme fiscale battant de nouveaux records quasiment à chaque séance boursière. Même le rapport sur l’emploi en demi-teinte publié vendredi dernier n’a pas entamé la confiance des investisseurs puisque la première semaine boursière s’inscrit comme l’une des meilleures en termes de performances boursières. L’Europe n’est pas en reste portée par de bons indicateurs d’activité. L’indice CAC 40 signe une hausse hebdomadaire de près de 3% proche des 5 500 points. D’un point de vue sectoriel, les valeurs technologiques et énergétiques ont été les plus recherchées. Cette hausse est de bon augure et doit se concrétiser à fin janvier pour espérer une année boursière positive. Or l’agenda chargé qui se présente à nous pourrait entraver cette bonne dynamique avec dès cette semaine l’élection du président de la région catalane. Les négociations sur le relèvement du plafond de la dette américaine le 19 janvier ainsi que les réunions de politique monétaire de la BCE et de la Fed respectivement le 25 et 31 janvier constitueront également des rendez-vous importants avec en toile de fond un risque de ralentissement de la croissance chinoise de plus grande ampleur. Ainsi, nous renouvelons notre message de prudence sans occulter pour autant la force du mouvement haussier récent. Les deux composantes principales à surveiller qui pourraient être annonciatrices d’un retournement des marchés financiers sont une remontée des taux d’intérêt et un rebond de la devise américaine.

 

Michel Douin
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