La chronique boursière

04/12/2017

Les marchés européens à la traine…

La dernière pièce à l’édifice semble avoir été posée avec l’adoption dans la nuit de vendredi à samedi du texte sur la réforme fiscale par le Sénat américain à une courte majorité qui ouvre la voie à un accord final avant la fin de l’année. En anticipation d’une issue favorable sur ce dossier, qui constitue un soutien essentiel pour les marchés, une forte rotation sectorielle s’est opérée. En effet, les valeurs « value » ont été très recherchées à l’image de la grande distribution, de l’énergie, des télécoms et des banques, ces dernières profitant en outre d’un allègement possible des contraintes règlementaires qui pèsent sur elles aux Etats-Unis, et ce au détriment des belles valeurs de croissance, technologiques en tête. Ainsi, malgré l’inculpation Phil Flynn, ancien conseiller de Donald Trump, qui a reconnu avoir menti au FBI, le S&P 500 affiche un gain hebdomadaire de 1,7%. Les marchés européens finissent en revanche en ordre dispersé, le CAC 40 abandonnant même 1,36%, pénalisé par sa composante technologique, la résistance de l’euro face au dollar, mais aussi par les incertitudes politiques autour du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Les deux pays seront d’ailleurs au centre des attentions cette semaine. Aujourd’hui, Theresa May va tenter de convaincre les Européens que ses promesses sont suffisantes pour qu’ils acceptent d’ouvrir les discussions commerciales et jeudi, date de l’ouverture du congrès du parti, les membres du SPD débattront d’une grande coalition avec la CDU. Toute avancée sera positive pour entamer les réformes européennes. Nous surveillerons également la publication du rapport sur l’emploi américain du mois de novembre. Sur le front des valeurs, la semaine a été rythmée par un certain nombre de rumeurs de rapprochement dont celui de Carrefour avec Fnac-Darty pour créer une centrale d’achat commune pour les produits électroménagers et électroniques.

Si nous pensons toujours qu’un rally de fin d’année puisse se concrétiser dans l’hypothèse d’un accord final sur la réforme fiscale aux Etats-Unis très prochainement, rares seront les nouvelles bonnes surprises qui pourront alimenter des flux acheteurs massifs justifiant ainsi une certaine vigilance à court terme. A ce titre, la mise en garde de la BCE la semaine dernière sur une possible forte correction du prix des actifs n’est pas passée inaperçue. Profitons-en alors tant qu’il en est encore temps…

Michel Douin
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