La chronique boursière

04/02/2019

Les marchés actions grignotent encore du terrain…

Le mois de janvier se solde par un rebond plutôt inattendu des indices mondiaux qui sont passés en mode « risk on ». Le CAC 40 signe un gain hebdomadaire de 1,9% et progresse de 5,5% depuis le début de l’année. Wall Street est encore mieux orientée profitant du changement de discours de la Réserve fédérale américaine qui est prête à interrompre 1/ le « quantitative tapering » soit la réduction des achats de titres par l’institution et 2/ la hausse des taux en raison des incertitudes sur la croissance mondiale. Rebond quelque peu inattendu car il est difficile d’identifier une véritable amélioration de la situation sur les plans macroéconomiques et géopolitiques. Seuls les niveaux de valorisation sur certains secteurs ou thématiques peuvent éventuellement justifier une reprise des flux acheteurs. En effet, la croissance mondiale continue de ralentir. Aux Etats-Unis bien-sûr mais aussi en Chine qui montre des signes inquiétants de ralentissement économique et en Europe qui pâtit surtout d’une conjoncture défavorable en l’Allemagne qui a frôlé la récession en fin d’année. C’est d’ailleurs cette prise de conscience qui a expliqué en grande partie la forte chute des marchés financiers lors du dernier trimestre 2018. Par ailleurs, l’inflation fléchit toujours et les issues concernant la guerre commerciale, le Brexit et même le « shutdown » sont très incertaines. On a simplement gagné un peu de temps et pour certains peut-être un peu d’espoir. Sur le front microéconomique, les résultats sont meilleurs qu’attendu – quoique les anticipations aient été révisées à la baisse précédemment – mais les perspectives sont en revanche plus prudentes et pour la plupart relatées dans le repli des indices de confiance. Avec tous ces éléments, nul doute que la volatilité devrait s’inscrire au menu des marchés financiers en ce début d’année. C’est la raison pour laquelle nous préférons conserver une position prudente.

Cette semaine, le principal évènement sera le discours sur l’état de l’Union de Donald Trump mardi. Nous prendrons également connaissance aux Etats-Unis de l’ISM non-manufacturier et de la première estimation du PIB pour le quatrième trimestre et en zone euro de l’indice PMI final du secteur des services et de la production industrielle. Nous surveillerons enfin la poursuite de la saison des résultats des entreprises…

Michel Douin
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