La chronique boursière

26/11/2018

Les marchés peu à la fête…

Qu’il est compliqué de trouver des motifs de satisfaction lorsqu’on est investisseur sur les marchés financiers tant l’environnement paraît peu complaisant. Les indices européens abandonnent encore de l’ordre de 1%, moins que les indices américains en proie aux prises de profits sur les valeurs technologiques et cycliques. Le secteur de l’énergie est également fragilisé par le nouveau repli des prix du pétrole qui cote désormais en dessous de 60 dollars le baril de brent tout comme le titre Renault dans la foulée de l’arrestation surprise le 19 novembre de son président Carlos Ghosn. Sans confiance point de salut et les marchés manquent clairement de repères. En effet, la consolidation de plus de 10% depuis les points hauts de fin septembre intègre un ralentissement de la croissance mondiale alimenté par la montée du protectionnisme et des signaux de fin cycle (l’OCDE a d’ailleurs abaissé mercredi dernier pour la deuxième fois en deux mois ses prévisions de croissance mondiale à 3,5% pour 2019 et 2020 contre 3,7% précédemment). Les principales Banques centrales sortent progressivement ou sont sorties de leurs politiques d’assouplissement et n’offrent plus le soutien qui a permis la forte revalorisation des actifs financiers au cours des dernières années. Ceci étant dit, nos responsables, qu’ils soient politiques ou économiques, n’ont guère de raisons de laisser la situation empirer et sont parfaitement conscients du rôle qu’ils ont à jouer au cours des prochaines semaines afin d’apaiser les tensions. Certes, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle correction au cours des mois à venir, peut-être même plus forte que celle à laquelle nous assistons, mais une bonne surprise n’est pas à exclure à très court terme qui pourrait ouvrir la voie à un rallye de fin d’année, du moins à un rebond technique, tant les marchés apparaissent survendus. Les raisons d’espérer sont les suivantes : 1/ que le Parlement britannique adopte l’accord négocié par Theresa May avec l’Union européenne d’un « soft Brexit », 2/ que les Etats-Unis et la Chine stoppent la surenchère sur les taxes douanières lors du sommet du G20 en fin de semaine, 3/ que l’Italie et la Commission européenne ouvrent la voie à la conciliation et 4/ que la Réserve fédérale américaine infléchisse, ne serait-ce que légèrement, la trajectoire haussière de ses taux directeurs. En ce sens, le compte-rendu jeudi de la dernière réunion du FOMC nous éclaira davantage. Nous prendrons aussi connaissance de l’indice Ifo allemand, des prix à la consommation pour le mois de novembre en zone euro et des PMI chinois…

Michel Douin
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